L'épisode en détail
La Cyclo pour le Climat : rouler pour sensibiliser
La Cyclo pour le Climat est née aux Pays-Bas il y a cinq ans. L'idée de départ : relier le sud au nord du pays en longeant le futur trait de côte si le réchauffement climatique n'est pas contenu. Aux Pays-Bas, une grosse partie du territoire est sous le niveau de la mer. Une hausse d'un mètre suffirait à rayer des zones entières de la carte. L'initiative s'est étendue à toute l'Europe : France, Italie, Belgique, Pologne, Angleterre, Suisse.
Mickaël Jardin, 45 ans, fan de cyclisme depuis 25 ans, a pris en charge l'organisation en France. Première édition en 2022 avec 40 participants entre Brest et le Mont-Saint-Michel, 313 kilomètres à travers la Bretagne. Deuxième édition à Saint-Malo avec 150 participants. Troisième édition : entre 200 et 250 inscrits à Saint-Malo, plus une centaine à Lyon.
« L'objectif, c'est vraiment la solidarité. On part ensemble, on s'entraide et on arrive ensemble. »
Des parcours de 100 à 500 kilomètres pour tous les niveaux
La Cyclo pour le Climat n'est pas une course. Pas de chronométrage, pas de classement. L'événement propose des parcours adaptés à chaque niveau. À Saint-Malo : un premier 100 km pour les débutants, un 150 km vers le Cap Fréhel (profil accidenté), un 150 km vers le Mont-Saint-Michel (plat), un 300 km qui combine les deux boucles. Et pour ceux qui veulent découvrir l'ultra : un 500 km au départ de Versailles, avec une nuit entière à pédaler.
Chaque groupe est encadré par des experts, dont certains ont fait Paris-Brest-Paris. Ils conseillent sur le positionnement sur la route, la gestion de l'effort, l'équipement, et dépannent en cas de problème mécanique. Le format mon premier 100 vise à prouver à des cyclistes occasionnels que 100 kilomètres est à leur portée, ce qui leur ouvre un rayon d'action de 30 à 40 kilomètres en vacances.
« Montrer à des gens qui n'ont jamais fait 100 kilomètres que c'est tout à fait possible en les accompagnant. »
Bilan carbone et promesse climat : la contrepartie
Pour s'inscrire à la Cyclo pour le Climat, chaque participant doit faire son bilan carbone. L'exercice n'est pas un jugement. C'est une première prise de conscience. La moyenne française est de 10 tonnes de CO2 équivalent par personne et par an. L'objectif des accords de Paris : 2 tonnes à l'horizon 2050. Un aller-retour Paris-New York en avion, c'est déjà 2 tonnes.
Après le bilan, les participants rédigent une promesse climat. Personne ne viendra vérifier. L'idée est de poser par écrit un engagement concret : manger moins de viande, faire plus de vélotaf, réduire l'avion. Les ravitaillements de l'événement sont entièrement végétariens, burger de fin de journée compris. Les retours sont positifs : des participants découvrent qu'un repas végétarien peut être rassasiant et excellent après 300 kilomètres.
« Le fait de faire son bilan carbone, souvent, c'est la première prise de conscience. »
Le vélo, l'outil le plus logique face au dérèglement climatique
Mickaël pose un calcul simple. Une voiture d'une tonne et demie transporte une personne de 70 kilos. Un vélo de 15 kilos transporte la même personne. Le rapport poids du véhicule/poids transporté dit tout. Même le vélo électrique, à 20-25 kilos, reste dans une logique de proportion cohérente.
Le vélo offre aussi un rayon d'action sous-estimé. 50 à 70 kilomètres dans une journée sont accessibles à un cycliste occasionnel. C'est assez pour découvrir une région, s'arrêter quand on veut, voir ce qu'on ne voit pas en voiture. Pour le vélotaf quotidien, Mickaël fait 23 kilomètres entre son domicile et Rennes en une heure, soit quasiment le même temps qu'en voiture, sans les bouchons, le stress et le parking.
« Le vélo, c'est vraiment l'outil de transport le plus logique quand on parle de lutte contre le changement climatique. »
Une association portée par l'ADEME et la ville de Saint-Malo
La Cyclo pour le Climat France est une association à but non lucratif composée de 8 à 9 bénévoles. Les partenaires de la troisième édition incluent la ville de Saint-Malo, qui met une salle à disposition et soutient activement le développement des pistes cyclables locales, et l'ADEME (Agence de la Transition Écologique), qui apporte un soutien financier et de communication.
Les départs et arrivées sont systématiquement organisés dans des villes accessibles en train : Saint-Malo (gare TGV), Versailles, Lyon. Mettre 250 cyclistes sur la route tout en les faisant venir en voiture serait contradictoire. Les prix restent au minimum : 30 euros pour le 300 km si on possède déjà le maillot Warming Stripes, ce qui couvre à peine les ravitaillements.
« On n'est pas dans la course aux chiffres. On veut juste faire passer une bonne journée à tout le monde. »




