Saison 1

#
3

Améliorer la coexistence entre les différents usagers de la route

14.9.2021

Altis Play est un créateur de contenu YouTube qui filme et analyse systématiquement les infrastructures cyclables parisiennes. Ancien développeur web, il a commencé par filmer ses trajets de vélotaf à titre personnel, puis son analyse a évolué. Il remonte désormais à la source des problèmes plutôt que de montrer simplement les conflits entre usagers, offrant ainsi une perspective critique et approfondie sur la qualité des aménagements.

L'épisode en détail

Altis Play : du vélotaf quotidien à l'analyse des infrastructures cyclables

Altis Play est un créateur de contenu YouTube qui filme et analyse les infrastructures cyclables parisiennes. Ancien développeur web, il a commencé par filmer ses trajets de vélotaf entre le 19e arrondissement et Saint-Cloud, soit 16 kilomètres par jour. Ce qui était au départ un réflexe de protection après un énième incident est devenu un travail d'analyse systématique. Sa ligne éditoriale a évolué : il ne se contente plus de montrer les conflits entre usagers, il remonte à la source du problème, c'est-à-dire l'infrastructure elle-même.

Le vélo comme réponse logique aux transports parisiens

Altis n'est pas venu au vélo par conviction écologique. Une crise de panique dans les transports en commun lui a créé une phobie. Il lui fallait une alternative. Le vélo s'est imposé par la logique : plus rapide, plus fiable, moins cher. Il a commencé par le Vélib pour des trajets courts, puis a acheté son propre vélo quand la distance a augmenté.

« Je ne suis jamais arrivé en retard après plusieurs années de travail. Malgré des crevaisons, malgré autre chose, j'ai toujours réussi à arriver à l'heure. »

La dimension écologique est venue plus tard, en documentant ses trajets et en faisant des recherches. Il revendique une approche factuelle : le vélo n'est pas un choix militant, c'est le mode de transport le plus efficace pour ses déplacements parisiens. Il refuse d'en faire un dogme : quand il pleut toute la journée, il prend les transports en commun ou un taxi. Le vélo est un outil, pas une religion.

Analyser les infrastructures pour réduire les conflits entre usagers

Au début, Altis filmait les comportements dangereux des autres usagers. Puis il a compris que la plupart des conflits ne sont pas intentionnels. Un automobiliste mal garé sur une piste cyclable n'a souvent pas trouvé d'autre option. Un piéton sur une voie vélo ne sait pas toujours qu'il gêne. Le problème est en amont : l'infrastructure mal conçue génère les conflits.

« Je pars toujours du principe que l'usager, s'il a fait quelque chose, il ne l'a pas fait volontairement pour me nuire. Il y a peut-être une autre source à ce problème-là. »

Quand il interpelle un usager en infraction, Altis suit un protocole en quatre étapes : se présenter, signaler le danger, proposer une solution, remercier. Cette méthode fonctionne bien mieux que la confrontation. Il collabore avec les associations locales comme MDB (Mieux se Déplacer à Bicyclette) pour faire remonter les problèmes aux collectivités. Il se définit comme un lanceur d'alerte, pas comme un expert.

Les coronapistes : un proof of concept pour le vélo urbain

Altis est enthousiaste sur les coronapistes créées pendant la pandémie. Pour la première fois, le vélo a été considéré comme un vrai mode de transport, pas comme un loisir. Mais il salue aussi leur caractère temporaire : cela permet d'itérer avant de passer en dur.

« C'est du proof of concept. Des fois, ils se sont rendu compte que mettre une zone 30 dans une pente, ça ne marche pas. »

L'exemple de Gambetta illustre le processus : deux pistes cyclables unidirectionnelles, puis une piste à double sens, puis de nouvelles évolutions. Altis note un manque d'harmonisation entre les aménagements parisiens et un déficit d'écoute des usagers. Il recommande plus d'enquêtes de terrain et une collaboration plus étroite entre collectivités et associations.

Le Vélopolitain : des pistes cyclables qui suivent le métro

Altis suit de près le projet Vélopolitain, initié par les associations Paris en Selle et MDB. Le principe : créer un réseau de pistes cyclables sécurisées qui reprennent les tracés des lignes de métro. La ligne 4, par exemple, relie la Porte de la Villette à la Porte d'Orléans en traversant tout Paris.

« Ce qu'il faut, c'est des itinéraires très clairs qui permettent des déplacements sécurisés d'un point A à un point B sans aucune discontinuité. »

La continuité est le mot clé. Une piste cyclable qui s'interrompt au milieu d'un boulevard perd toute utilité. Le Vélopolitain vise des itinéraires compréhensibles et continus, à l'image du réseau de métro que tout Parisien connaît.

Ce n'est pas aux cyclistes de prendre le vélo, c'est aux villes de le rendre accessible

Altis refuse de culpabiliser les non-cyclistes. Tant que la voiture reste le meilleur mode de transport sur un trajet donné, il ne recommandera pas le vélo. C'est aux collectivités locales de créer les conditions qui rendent le vélo plus rapide, plus sûr et plus pratique que les alternatives. Le conseil d'Altis pour débuter : étudier son itinéraire, vérifier l'existence d'infrastructures sécurisées, et comparer objectivement les modes de transport. Le vélotaf n'est pas un sacrifice. C'est un choix rationnel quand les conditions sont réunies.

Questions fréquentes

Le projet Vélopolitain, porté par les associations Paris en Selle et MDB, identifie les meilleurs itinéraires cyclables parisiens. La ligne 4 du Vélopolitain traverse Paris du nord au sud sans discontinuité. Les coronapistes pérennisées offrent aussi des tracés sécurisés sur les grands axes.

Il pleut rarement toute la journée à Paris. Un K-Way et un surpantalon dans le sac suffisent pour les averses. Garder un change au bureau (pantalon, t-shirt, chaussettes) couvre les rares jours de forte pluie. Sur plusieurs années de vélotaf, Altis Play n'est arrivé trempé que deux fois.

Le Vélopolitain est un projet d'associations cyclistes (Paris en Selle, MDB) qui vise à créer un réseau de pistes cyclables suivant les tracés des lignes de métro parisien. L'objectif est de proposer des itinéraires continus, clairs et sécurisés pour traverser Paris à vélo sans interruption.

Certaines coronapistes ont été pérennisées, d'autres ont été modifiées ou améliorées après des retours d'usage. Leur caractère temporaire a permis de tester des aménagements avant de les construire en dur. L'exemple de Gambetta montre que plusieurs itérations ont été nécessaires pour trouver la bonne configuration.

L'application Dans Ma Rue permet de signaler les problèmes de voirie à Paris. Pour un suivi plus structuré, contacter les associations locales comme MDB (Mieux se Déplacer à Bicyclette) ou Paris en Selle, qui ont des liens directs avec les élus et les services d'urbanisme.

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