Saison 1

#
7

Être bien équipé pour assurer sa sécurité sur la route

16.11.2021

CosmoConnected fabrique un feu de freinage intelligent pour cyclistes et utilisateurs de mobilités douces. Fondée en 2015 par Romain Afflelou et Frédéric Medj, la startup repose sur un constat simple : les voitures sont de plus en plus hautes, notamment les SUV, rendant les usagers vulnérables invisibles. Le produit détecte automatiquement les freinages et signale les changements de direction pour augmenter la visibilité des cyclistes.

L'épisode en détail

CosmoConnected : rendre les cyclistes visibles en ville

CosmoConnected fabrique un feu de freinage connecté destiné aux cyclistes, trottinettistes et utilisateurs de mobilités douces. Fondée en 2015 par Romain Afflelou et Frédéric Medj, la startup part d'un constat simple : les voitures sont de plus en plus hautes, notamment avec les SUV, et les usagers vulnérables de la route sont de moins en moins visibles. Le produit phare est un feu arrière intelligent qui se fixe sur un casque, une selle ou un sac à dos. Il détecte automatiquement les freinages et signale les changements de direction, ajoutant une couche de communication entre le cycliste et les véhicules qui le suivent. Pierre Lagrange, social media manager de la marque, explique la vision de l'entreprise dans cet épisode du podcast Vélotaf.

Du vélotaf étudiant à Rennes au vélotaf parisien

Pierre roule à vélo depuis 14 ans. Il a commencé à Rennes pendant ses études, sans même se poser la question : le vélo était plus rapide, plus économique, plus libre. La ville bretonne, à taille humaine, se traverse en trois quarts d'heure maximum. Son arrivée à Paris n'a rien changé à l'habitude. Il a d'abord utilisé le Vélib entre le 16e et le 10e arrondissement, puis est passé à un vélo personnel, un vieux Peugeot vintage qu'il restaure pièce par pièce.

« Le vélo, pour moi, c'est même un objet que j'aime bichonner. Réparer, optimiser. Il n'y a que le cadre qui est d'origine. »

Pierre voit le vélotaf comme un mode de vie autant qu'un mode de transport. Il souligne la liberté retrouvée par rapport au métro, la disparition du stress lié aux transports en commun, et la possibilité de redécouvrir sa ville au fil de trajets variés. Il connaît Paris mieux que beaucoup de Parisiens qui prennent le métro depuis 20 ans.

Vélotaf à Paris vs Rennes : deux réalités distinctes

La comparaison entre les deux villes révèle des écarts importants. Rennes dispose d'un centre-ville largement piétonnier, avec la place de la République entièrement fermée aux voitures. Le Vélostar, équivalent local du Vélib, a pris immédiatement. La circulation y est naturellement apaisée.

« À Paris, c'est la guerre, on ne va pas se mentir. Ça klaxonne, ça dépasse n'importe comment. »

Paris impose une conduite plus sportive, avec ses grands boulevards haussmanniens à trois voies où les voitures peuvent rouler à 70 km/h. Pierre identifie ce danger réel comme le principal frein au vélotaf parisien. Le vélo à assistance électrique compense en partie le problème : il permet de maintenir une vitesse moyenne suffisante pour ne pas subir la pression des véhicules motorisés derrière soi.

Le débat sur le port du casque à vélo

CosmoConnected vend un produit qui se fixe sur un casque, mais Pierre refuse de trancher le débat de manière catégorique. Des études montrent des effets contradictoires. Le casque protège incontestablement en cas de chute. Pierre en a fait l'expérience directe : son casque a heurté un poteau parisien à sa place.

« Il y a une étude sur la distance de dépassement : la voiture prenait moins de distance quand le cycliste était casqué que quand il ne l'était pas. »

Le cycliste casqué semble moins vulnérable aux yeux des automobilistes, qui prennent alors moins de précautions. Le cycliste lui-même peut adopter un comportement plus risqué en se sentant protégé. Ces biais existent, même s'ils ne concernent pas tous les usagers. Pierre note que la question se pose différemment pour la trottinette, où la chute projette directement la tête en avant sans aucun amortissement. Il trouve surprenant que le casque n'y soit pas obligatoire. Le feu CosmoConnected s'adapte à tous les cas : il peut se fixer sur la selle, un sac à dos ou un harnais, indépendamment du port du casque.

Promouvoir le vélotaf par l'économie et le confort

Pour Pierre, deux arguments restent sous-exploités dans la promotion du vélotaf. Le premier est économique : se déplacer à vélo coûte moins cher qu'en voiture ou en transports en commun. Dans une société où tout le monde ne gagne pas confortablement sa vie, cet argument parle à tous.

« La pénibilité du vélo est encore trop marquée. Les gens se disent que ce n'est pas aussi confortable qu'une voiture. En fait, tu peux adapter le vélo à ta pratique et à ton confort. »

Le second argument est le confort. La peur de la pluie ou de la chaleur bloque beaucoup de candidats potentiels. Pierre rappelle qu'en Belgique, il ne pleut que 7 % de l'année, et qu'à Paris, c'est encore moins. S'équiper correctement ne coûte pas une fortune. Le vélotaf peut devenir une expérience plaisante dès lors qu'on adapte son équipement à ses besoins. Pierre mentionne aussi la dimension écologique, tout en refusant le greenwashing : même un VAE s'inscrit dans une démarche responsable, malgré la question non résolue du traitement des batteries. Il regrette que le vélo soit parfois récupéré politiquement, alors qu'il devrait simplement faire partie d'une routine quotidienne, comme le tri des déchets.

Questions fréquentes

Un feu arrière connecté comme celui de CosmoConnected détecte automatiquement les freinages et signale les changements de direction. Il se fixe sur un casque, une selle ou un sac à dos. En complément, un gilet réfléchissant et un éclairage avant puissant sont indispensables pour rouler de nuit en sécurité.

Le casque est obligatoire uniquement pour les enfants de moins de 12 ans. Pour les adultes, il reste recommandé mais pas imposé par la loi. Des études montrent des effets contradictoires : le casque protège en cas de chute, mais peut modifier le comportement des cyclistes et des automobilistes.

Le vélotaf supprime la dépendance aux horaires et aux pannes de transport. Le cycliste choisit son itinéraire, son rythme, et profite de l'air extérieur. L'activité physique du trajet réduit le stress et améliore l'humeur dès l'arrivée au travail. La liberté de mouvement remplace la routine métro-boulot-dodo.

Un vélo musculaire d'occasion restauré convient aux cyclistes sportifs et attire moins les voleurs. Un vélo à assistance électrique permet de maintenir une vitesse suffisante dans le trafic parisien sans arriver en sueur. Le choix dépend de la distance, du dénivelé et du niveau de forme physique.

Le vélotaf est le mode de transport domicile-travail le moins cher. Un vélo d'occasion coûte entre 100 et 300 euros, l'entretien annuel reste modeste, et il n'y a ni carburant, ni assurance obligatoire, ni abonnement mensuel. Par rapport au pass Navigo ou aux frais d'une voiture, l'économie est significative sur l'année.

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