L'épisode en détail
GreenOn, pionnière du vélo électrique partagé en entreprise
Fondée en 2009 par François, GreenOn fait partie des premiers acteurs à avoir proposé des vélos électriques en libre-service aux entreprises. Le principe : installer des stations équipées de mâchoires métalliques dans les locaux professionnels, où les salariés déverrouillent un vélo via une application. Arthur Hamot, responsable marketing, a rejoint cette aventure après un parcours entre Sorez, Québec et Strasbourg. Il raconte comment le modèle a évolué depuis ses débuts, passant d'une simple flotte partagée à une offre complète de mobilité douce.
« On installe des stations avec des mâchoires métalliques, les salariés prennent un vélo via l'application et le ramènent quand ils veulent. »
Du vélo partagé au vélo de fonction : une offre progressive
GreenOn ne se contente pas de poser des vélos dans un parking. L'approche commerciale repose sur une montée en puissance : l'entreprise commence par tester cinq vélos en libre-service. Si l'usage décolle, elle bascule vers le vélo de fonction, où chaque salarié dispose de son propre vélo électrique financé via un forfait mobilité. Cette progressivité permet aux directions générales de mesurer le retour sur investissement avant d'engager des budgets plus conséquents. Arthur insiste sur le fait que la phase test lève les résistances internes, notamment chez les collaborateurs qui n'ont jamais pédalé pour aller travailler.
« On commence par cinq vélos en test. Si ça marche, on passe au vélo de fonction. C'est une montée en puissance logique. »
Mobilier vélo et trottinettes : élargir le périmètre
Au-delà des vélos, GreenOn développe une gamme de mobilier : arceaux, abris et locaux vélo sécurisés. L'objectif est de répondre à un frein majeur du vélotaf en entreprise, le stationnement. Si le salarié n'a nulle part où garer son vélo en sécurité, il ne viendra pas avec. L'entreprise propose aussi des trottinettes électriques pour le dernier kilomètre, destinées aux trajets courts entre une gare et le bureau. Cette diversification permet à GreenOn de couvrir l'ensemble de la chaîne de déplacement domicile-travail, du premier au dernier mètre.
« Si le salarié n'a pas d'endroit sécurisé pour garer son vélo, il ne viendra jamais avec. Le mobilier, c'est la base. »
Les collectivités aussi : expérimentations et vélos cargo
GreenOn ne travaille pas qu'avec le secteur privé. Les collectivités territoriales représentent un axe de développement important. Le modèle proposé aux communautés de communes et agglomérations repose sur une expérimentation d'un an : la collectivité met en place un service de vélos électriques payant, dont les recettes sont reversées pour financer le fonctionnement. À Dreux, par exemple, GreenOn a déployé des vélos cargo pour les déplacements des agents municipaux. Arthur souligne que 60 % des trajets de moins de 5 km se font encore en voiture, un chiffre qui justifie à lui seul l'intérêt de ces dispositifs.
« 60 % des trajets de moins de 5 km se font en voiture. C'est là qu'on a le plus gros levier de changement. »
Vélotafer au quotidien : retour d'expérience d'un converti
Arthur lui-même est un converti récent. Marcheur convaincu, il a basculé vers le vélotaf en récupérant un vélo électrique retapé du stock GreenOn. Résultat : 20 minutes de trajet, plus rapide que le métro. Il a aussi connu un accident en trottinette sur un contresens cyclable, chaussée glissante et voiture en face. Cette expérience l'a rendu plus prudent et plus exigeant sur l'équipement. Son conseil principal : le casque avec visière, qu'il qualifie de révélation, surtout pour les porteurs de lunettes. Il recommande aussi les bandes lumineuses sur les épaules et les jambes pour être visible la nuit.
« Le casque avec visière, c'est un game changer. Surtout quand tu portes des lunettes et qu'il pleut. »
Anecdotes de route : du monocycle géant aux gants oubliés
Comme tous les vélotafeurs, Arthur a ses histoires. Son meilleur souvenir reste un monocycle géant aperçu au feu rouge porte de Montreuil, sur une coronapiste. Un moment surréaliste qui résume bien l'énergie créative des mobilités douces en ville. Son pire souvenir est plus banal mais universel : oublier ses gants un matin de pluie froide. Un détail qui rappelle que le vélotaf, au-delà des grandes ambitions écologiques, reste une affaire de logistique personnelle au quotidien.





