L'épisode en détail
Cyclez : mettre les salariés sur des vélos depuis 2013
Charles Poretz a fondé Cyclez le 15 juillet 2013 avec une mission simple : permettre aux salariés de se déplacer à vélo. Le modèle économique repose sur le B2B2E (business to business to employé) : Cyclez contracte avec les entreprises, qui financent des solutions vélo pour leurs salariés. Vélo partagé, vélo de fonction, vélo de service, entretien sur site par un mécanicien tous les trimestres ou semestres. Charles, entrepreneur depuis ses 23 ans (import de mode en Californie, informatique, restauration, puériculture), ancien compétiteur VTT cross-country et délégué UFOLEP, a voulu allier sa passion du vélo et sa volonté de contribuer à la réduction des émissions de CO2.
« Quand je ne dors pas, je pense au vélo. Il fallait absolument que je trouve une activité en adéquation avec mon amour du vélo et l'envie d'être utile. »
La responsabilité pénale de l'employeur face au vélotaf
Le sujet central de l'intervention de Charles concerne la prévention des risques. Dès qu'un salarié vient au travail à vélo, le trajet domicile-travail est couvert par l'accident du travail. L'entreprise a donc une obligation légale d'inscrire ce risque dans son registre et de mettre en place des mesures de prévention. Charles renverse la table chez ses interlocuteurs : avant de parler solutions vélo, il demande comment l'entreprise traite la prévention des risques à vélo. Certaines entreprises interdisent même les déplacements à vélo entre deux sites, une politique que Charles juge inapplicable puisqu'en cas d'accident, le salarié serait licencié pour faute grave et non couvert.
« Le vélo, c'est dangereux, vous n'allez pas me dire le contraire. Donc à partir de là, vous avez une obligation légale et pénale de mettre en place des mesures de prévention. »
Cyclez Academy : former les salariés à la sécurité à vélo
Pour répondre à cette obligation, Cyclez a développé plusieurs outils. Le Cyclez Academy est un parcours e-learning de 30 minutes intégrable sur la plateforme de formation de l'entreprise. Il couvre les fondamentaux de la prévention des risques à vélo. Cyclez organise aussi des ateliers en présentiel combinant théorie et pratique. Les « dix commandements du cycliste urbain » sont remis à chaque entreprise cliente. Charles insiste : même les entreprises qui ne veulent pas entendre parler de vélo doivent former leurs salariés qui viennent déjà à vélo, ne serait-ce que pour couvrir leur responsabilité.
« Avant de parler solutions vélo, je veux savoir comment vous traitez la prévention des risques de vos salariés qui viennent déjà à vélo. »
Véligo : la fierté d'avoir contribué au marché francilien
Cyclez est actionnaire de Fluow, l'opérateur du service Véligo en Île-de-France. Charles a joué un rôle dans la genèse du projet en accompagnant Île-de-France Mobilités pendant la phase de réflexion, puis en constituant le consortium avec La Poste et Transdev. Près de 50 000 personnes ont loué un Véligo, et 82 % d'entre elles considèrent que le vélo répond à leur besoin de déplacement. Pour Charles, cette location de 6 mois constitue le meilleur test grandeur nature pour un futur vélotaffeur : tester avant d'acheter, sans engagement.
« Véligo, c'est ma grande fierté. 50 000 personnes ont essayé, et pour 82 % d'entre elles, ça fait le job. »
Le forfait mobilité durable : un levier sous-exploité
Le forfait mobilité durable (FMD) permet aux entreprises de financer en partie les déplacements à vélo de leurs salariés, de l'acquisition à l'entretien. Charles regrette que le dispositif ne soit pas encore obligatoire. Il le considère comme un signal fort quand il sera généralisé. En attendant, Cyclez propose aux entreprises clientes un service d'entretien sur site : un mécanicien se déplace, le salarié prend rendez-vous en ligne, dépose son vélo le matin et le récupère révisé. Le coût pour l'entreprise reste modeste au regard des budgets mobilité.
« Le forfait mobilité durable n'est pas encore obligatoire, mais on souhaite tous qu'il le devienne. Ce sera un signal très fort. »
Le vélo n'est pas un mode de transport alternatif, c'est un choix rationnel
Charles combat l'idée que le vélotaf serait réservé à des convaincus ou à des sportifs. Son argument : le vélo, c'est malin. Pour un trajet de 5 km en solo, c'est le mode de déplacement le plus efficace. Il refuse aussi l'étiquette de cycliste : personne n'est monomodal. On est piéton, cycliste, automobiliste et usager des transports en commun dans la même journée. Son conseil aux nouveaux vélotaffeurs : préparer son itinéraire avec Géovélo ou Google Maps avant de partir, ne jamais utiliser le téléphone sur le vélo, s'arrêter pour consulter si besoin. La vigilance totale est la première règle de sécurité.





