Saison 1

#
24

Le service vélo en entreprise

3.7.2022

Arthur de Jerphanion cofonde Tandem pour proposer des vélos en location longue durée directement aux entreprises et leurs salariés. Parti du constat que les trajets courts se font encore largement en voiture individuelle, il offre une alternative radicale à la traditionnelle voiture de fonction. Le vélo s'avère plus rapide, efficace, moins stressant et permet d'arriver plus frais le matin au bureau ou rendez-vous.

L'épisode en détail

De la voiture de fonction au vélo de fonction

Arthur de Jerphanion a 32 ans et a cofondé Tandem, une entreprise qui propose des vélos en location longue durée aux entreprises et à leurs salariés. Avant cela, il a connu la voiture de fonction dans ses précédents postes, qu'il utilisait par habitude même quand cela n'avait aucun sens : bouchons, stress, inefficacité.

« Le jour où j'ai décidé de m'y mettre au vélo, ça a été une révélation. J'allais plus vite, j'étais plus efficace, je me sentais plus libre, j'arrivais plus frais le matin. »

Le premier sentiment : la liberté. Le vélo est en bas, on le détache, on monte dessus. Pas de dépendance aux horaires du métro, pas de parking à chercher, pas d'enfermement. C'est ce déclic personnel qui l'a conduit à créer Tandem, convaincu que le vélo pouvait changer la mobilité de millions de salariés.

Tandem : équiper les salariés en vélos

L'offre de Tandem est simple : l'entreprise prend en charge tout ou partie d'un vélo (souvent électrique) pour chaque salarié qui le souhaite. Le vélo est accompagné d'un service complet : entretien, réparations, assurance, vélo de remplacement en cas de panne ou de vol. L'équipe, sept personnes bientôt dix, comprend un volet conseil pour aider les entreprises à convertir leurs salariés au vélotaf.

Un point important du positionnement : le vélo porte discrètement le logo Tandem, mais reste celui du salarié. Il peut l'utiliser le soir, le week-end, en vacances, le customiser avec des accessoires, un siège bébé, un panier.

« On n'a pas voulu faire un objet de marketing, comme la Clio blanche floquée au nom de sa boîte. On veut que les gens se l'approprient. »

50 % des déplacements font moins de 5 km

Arthur insiste sur un chiffre : 50 % des déplacements en France font moins de 5 kilomètres, soit 20 à 25 minutes en vélo électrique. Ce n'est pas un phénomène parisien. Le vélo a du sens partout sur le territoire, y compris en zone périurbaine et rurale, à condition que les infrastructures cyclables existent.

Le constat est sans appel : 30 % des émissions de CO2 en France viennent du transport, dont la moitié de la voiture personnelle. Pour Arthur, le vélo est le levier le plus simple, le plus pragmatique et le plus efficace pour agir à l'échelle individuelle et collective.

« Une fois qu'on a dit que la première source d'émissions de CO2, c'est le transport et que 50 % viennent de la voiture personnelle, on n'a plus d'excuses. »

Le vélo électrique règle la question de la sueur

Les deux objections les plus fréquentes des salariés : la pluie et la transpiration. Pour la pluie, la réponse est un pantalon étanche et un K-way, la même logique que pour un scooter. Personne ne dit à un ami en scooter qu'il va arriver trempé.

Pour la chaleur, le vélo à assistance électrique permet de moduler l'effort. Arthur est arrivé au bureau un matin de canicule à 35 degrés, impeccable. L'assistance électrique transforme le vélotaf en déplacement utilitaire sans contrainte physique, tout en conservant les bénéfices de santé liés au pédalage.

« Avec un peu d'équipement et un peu de bon sens, lutter contre le climat, c'est facile. Comment font les gens aux Pays-Bas où il pleut deux fois plus qu'en France ? »

Un problème culturel plus que technique

Pour Arthur, le frein principal au vélotaf en France est culturel. Il y a 40 ans, 80 % des enfants allaient à l'école à pied ou à vélo. Aujourd'hui, c'est 12 %. Lui-même allait en voiture à l'école alors que ce n'était pas loin. Le vélo ne faisait pas partie du prisme qu'on lui avait présenté.

« Il faut faire en sorte que le vélo redevienne un acteur majeur de la vie de tout le monde, des enfants et des familles, pour que ce soit culturellement implanté. »

Sa conviction : c'est le secteur privé qui doit montrer le chemin aux pouvoirs publics. Les entreprises comme Tandem créent le mouvement, démontrent que ça fonctionne, puis les collectivités suivent avec les infrastructures. En attendant, ses conseils pratiques : troquer le sac à dos contre une sacoche amovible, installer un support téléphone sur le guidon, et garder le vélo épuré pour préserver le sentiment de liberté.

Questions fréquentes

Tandem propose des vélos en location longue durée aux entreprises. L'employeur prend en charge tout ou partie du coût. Le service inclut entretien, réparations, assurance et vélo de remplacement. Le salarié peut utiliser le vélo le soir, le week-end et en vacances.

Oui, l'assistance électrique permet de moduler l'effort physique. Même par forte chaleur, un vélo à assistance électrique permet d'arriver au bureau dans un état présentable, sans nécessiter de douche sur place.

50 % des déplacements en France font moins de 5 kilomètres, soit environ 20 à 25 minutes en vélo électrique. À Paris et en région parisienne, ce chiffre monte à 75 %. Ces trajets pourraient être effectués à vélo plutôt qu'en voiture.

Un pantalon de pluie étanche et un K-way imperméable suffisent pour arriver au sec. C'est le même principe que pour un scooter. Les pays comme les Pays-Bas ou la Belgique, où il pleut bien plus qu'en France, ont une culture vélo très développée grâce à cet équipement simple.

Le vélo permet de faire travailler ses muscles, contrairement à la trottinette où l'on reste statique. Il contribue à lutter contre la sédentarité, offre une meilleure sécurité routière et permet de combiner déplacement quotidien et activité physique.

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