Saison 1

#
5

Le vélo en libre-service pour transformer la mobilité urbaine

18.10.2021

JCDecaux est un acteur fondateur du vélo en libre-service en Europe. Lancé en 2005 à Lyon avec Vélo’v, le modèle s’est déployé à Paris avec Vélib’, Bruxelles avec Villo et Luxembourg. Jérôme Blanchevoix, directeur général adjoint en Belgique et au Luxembourg, supervise ces projets depuis plus de vingt ans et retrace l’histoire d’un modèle où la publicité urbaine finance une mobilité durable et accessible.

L'épisode en détails

JCDecaux et le vélo en libre-service : de Lyon à Bruxelles

Le vélo en libre-service a transformé la mobilité urbaine en Europe. JCDecaux en est l’un des acteurs fondateurs. En 2005, le groupe lance Vélo’v à Lyon, avec un succès qui dépasse toutes les prévisions. Paris suit avec Vélib’, puis Bruxelles avec Villo en 2008, et Luxembourg avec Vélo. Jérôme Blanchevoix, directeur général adjoint de JCDecaux en Belgique et au Luxembourg, supervise ces projets depuis plus de 20 ans. Il retrace dans cet épisode du podcast Vélotaf l’histoire d’un modèle économique unique où la publicité urbaine finance un service de transport accessible à tous.

Le modèle JCDecaux : la publicité au service du transport

Jean-Claude Decaux invente le concept dans les années 60. Interdit de publicité sur les bords d’autoroutes, il propose aux collectivités un marché : financer des Abribus gratuits par la publicité affichée dessus. Le modèle s’étend aux sanitaires publics, aux panneaux d’information urbains, puis aux vélos en libre-service. Aujourd’hui, JCDecaux est présent dans 80 pays avec plus de 300 000 mobiliers urbains.

« Il proposait gratuitement aux collectivités ce service. La publicité finance les services publics et permet que le vélo soit extrêmement accessible en termes de prix, sans qu'un seul euro public ne soit dépensé. »

Le système Villo à Bruxelles représente 5 000 vélos, 360 stations et 40 employés permanents : régulateurs pour équilibrer les stations, mécaniciens de terrain, atelier de révision trimestrielle et call center. L’implantation des stations se décide en concertation avec les communes, la région et les forces de police.

Le vélo électrique en libre-service : une seconde révolution

Jérôme décrit le vélo électrique comme une deuxième première fois. Le sentiment de liberté du vélo classique se décuple avec l’assistance électrique. Les pentes de Bruxelles et Luxembourg, longtemps dissuasives, deviennent accessibles. JCDecaux travaille sur l’amélioration de ses algorithmes d’assistance pour rendre la montée encore plus fluide.

« Le vélo électrique, c'est une deuxième première fois. Franchement, c'est toujours très chouette. »

Les flottes électriques récemment lancées rencontrent un grand succès. Elles élargissent considérablement le public potentiel du vélo en libre-service : les distances acceptables augmentent, l’effort physique diminue, et la barrière de la transpiration disparaît pour les vélotaffeurs en tenue de bureau.

Vision politique et infrastructure : les clés du succès

Pour Jérôme, le vélo en ville ne se développe pas spontanément. Il faut une vision politique. Gérard Collomb à Lyon a cru au vélo en libre-service avant que la demande ne soit visible. Paris a suivi. Le mécanisme est le même partout : une offre crédible génère une demande qui n’existait pas dans les habitudes.

« À chaque fois qu'on mettait un Vélo'v en service, il y avait deux, trois personnes à côté qui avaient caché leurs vélos. Ça a remis le vélo au goût du jour. »

Le premier frein identifié par les études de JCDecaux à Bruxelles est le sentiment d’insécurité routière. Jérôme a alerté le ministre régional de la Mobilité sur le besoin d’infrastructures cyclables. Il rappelle que sans pistes dédiées, même le meilleur système de vélo en libre-service ne décollera pas pleinement. La pandémie a accéléré le mouvement : boom des abonnements Villo, pénurie de vélos dans le commerce, coronapistes pérennisées.

Du vélo d’enfance au vélo urbain : un parcours personnel

Jérôme a grandi à Soissons, en Picardie, où le vélo était synonyme de liberté. Son grand-père présidait le vélo-club local. Son père roulait chaque dimanche. À Paris, il perd le vélo de vue pendant 18 ans faute d’infrastructures. C’est le passage à Bruxelles et le lancement de Villo qui déclenchent le retour.

« Quand on lance un système de vélo en libre-service, ça change vraiment la physionomie de la ville. On voit que la physionomie de la ville a changé. »

Il utilise le vélo dès qu’un rendez-vous se situe dans le périmètre urbain de Bruxelles. Il essaie aussi les systèmes concurrents dans les villes où JCDecaux n’est pas présent. Il échange avec les autres cyclistes aux feux rouges, récoltant au passage des retours d’utilisateurs sans dévoiler son rôle chez l’opérateur.

Le vélo ne sauvera pas la planète seul

Jérôme assume une position pragmatique sur l’écologie. Le vélo réduit les émissions individuelles, mais il refuse le discours simpliste selon lequel pédaler suffirait à régler la crise climatique. Le premier poste de consommation d’énergie des ménages reste le chauffage. Les vélos électriques consomment de l’électricité dont la production pose question. Pour lui, la vraie réponse passe par un investissement massif dans les énergies renouvelables, pas par des gestes individuels isolés. Le vélo reste un mode de déplacement intelligent, pratique et sain. C’est déjà une raison suffisante pour l’adopter.

Questions fréquentes

JCDecaux déploie des stations de vélos accessibles par abonnement ou en paiement ponctuel. Le service est financé par la publicité urbaine, ce qui permet des tarifs très bas sans financement public direct. Les vélos sont entretenus et révisés chaque trimestre. Les stations sont rééquilibrées quotidiennement par des régulateurs.

JCDecaux opère des systèmes de vélo en libre-service dans de nombreuses villes européennes. Vélo’v à Lyon (depuis 2005), Villo à Bruxelles (depuis 2008) et Vélo à Luxembourg font partie des systèmes les plus connus. Le groupe est présent dans 80 pays à travers le monde.

Oui. Le vélo électrique en libre-service permet de parcourir des distances plus longues sans transpirer, ce qui convient aux trajets domicile-travail en tenue de bureau. L’assistance électrique efface les dénivelés et maintient une vitesse constante de 25 km/h. JCDecaux améliore régulièrement ses algorithmes d’assistance.

Le lancement de Vélo’v en 2005 combinait trois facteurs : une vision politique portée par Gérard Collomb, un réseau de pistes cyclables déjà développé par la ville, et une météo clémente. Le succès a dépassé toutes les attentes et a inspiré Paris puis Bruxelles.

Selon les études menées par JCDecaux à Bruxelles, le premier frein est le sentiment d’insécurité routière. Le manque de pistes cyclables et la cohabitation avec les véhicules motorisés dissuadent les cyclistes potentiels. L’infrastructure dédiée est la condition préalable au développement du vélo urbain.

Cela vous a plu ?

Nous élaborons également des stratégies de développement durable. Si l'un de ces sujets vous intéresse, discutons-en.

Contactez-nous