Saison 2

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« L'échappée solaire » de Raphaël : un projet sportif et solidaire à vélo solaire

10.2.2025

Raphaël Romand-Ferroni découvre le vélo solaire en 2024 via un podcast radio France Inter et lance immédiatement l'échappée solaire ambitieuse, reliant Paris au Cap à vélo électrique solaire autonome. Son initiative combine passion pour la sobriété technologique, exploration du vélo solaire à énergie propre renouvelable et engagement solidaire international dans cette aventure épique pédestre. Le projet s'inspire directement des SunTrip.

L'épisode en détail

Du Vhélio au SunTrip : la découverte du vélo solaire

Raphaël Romand-Ferroni n'avait jamais entendu parler du vélo solaire avant l'été 2024. Encore en stage de fin d'études à l'ESSEC, il tombe sur un podcast de France Inter consacré à l'association « Vélo solaire pour tous » et à son projet Vhélio, un utilitaire solaire à trois roues pensé pour le vélotaf. Le concept le fascine : un véhicule sobre, abordable, qui comble le vide entre le vélo cargo et la voiture électrique. De fil en aiguille, il découvre le SunTrip, une course de vélo solaire organisée depuis 2015, dont la dernière grande édition reliait Paris à Guangzhou. Quelques semaines d'appels avec des participants et des passionnés suffiront à transformer la curiosité en projet concret : relier Paris au Cap à vélo solaire, 18 000 km à travers 24 pays.

Du trike au VTT : adapter le vélo solaire à la réalité africaine

Le plan initial prévoyait un trike, un vélo couché à trois roues surmonté de panneaux solaires, comme la plupart des participants du SunTrip. Raphaël en trouve un dans le sud de la France et tente un premier essai entre Aix-en-Provence et Paris début décembre. Le verdict est sans appel : la structure de panneaux (1,60 m sur 1 m, 15 kg) rend le véhicule instable, inconfortable et trop large pour le trafic dense des villes africaines.

« J'ai dû vite changer mes plans. En six mois en Afrique, ça allait être compliqué de gérer un problème de casse si je tombais à droite ou à gauche. »

En janvier, Raphaël pivote : il opte pour un VTT classique auquel il accroche une remorque portant deux panneaux solaires. Un système de charnières en aluminium permet de basculer la structure pour accéder au chargement. Plus maniable, plus stable, mieux adapté aux routes africaines.

250 watts de soleil : l'autonomie énergétique sur deux roues

La configuration finale repose sur deux panneaux solaires délivrant environ 250 watts de puissance. Par journée d'ensoleillement optimal en Afrique, le système peut générer jusqu'à 1 200 watts. Deux batteries d'une capacité combinée de 1 300 watts permettent une autonomie quasi complète sur une journée ensoleillée. Les panneaux alimentent des régulateurs de puissance qui lissent le courant discontinu avant de le transmettre aux batteries, elles-mêmes reliées au moteur.

« Sur une journée d'ensoleillement parfaite, je peux envisager être autonome. Le solaire est quand même très bienvenu pour réaliser 18 000 km en six mois. »

Un tableau de bord fixé au guidon affiche en temps réel la consommation, la vitesse et l'apport solaire. Pour la partie motorisation et câblage, Raphaël s'appuie sur des professionnels. Il gère lui-même la partie solaire : soudures, construction et pose de la structure. Une compétence acquise en autodidacte, à coups de vidéos YouTube et de conversations avec des cyclistes solaires expérimentés.

24 pays et 18 000 km : planifier un voyage à vélo à travers l'Afrique

L'itinéraire longe la côte ouest-africaine pour éviter le Sahara, le Mali et le Niger, zones déconseillées aux voyageurs. Sur 24 pays traversés (22 africains plus la France et l'Espagne), aucune zone rouge selon le ministère des Affaires étrangères. Six passages sont classés en zone orange, dont la frontière entre le Sahara occidental et la Mauritanie, et surtout le Nigeria, que Raphaël envisage de contourner si les conditions l'exigent.

La préparation logistique passe par les visas (obligatoires dans la majorité des pays, parfois délivrés sur place comme au Sierra Leone ou au Libéria), les vaccins et le matériel de camping fourni par H2R Equipements. Pour le logement, la priorité va à l'hébergement chez l'habitant, le bivouac en zone rurale et les auberges dans les grandes villes.

« Je suis dans un groupe WhatsApp où on est environ 500, où ce ne sont que des personnes actuellement à vélo sur ce trajet. C'est une mine d'or d'informations. »

Ce réseau de cyclistes fournit des renseignements en temps réel sur les risques, les passages de frontières et les ateliers de réparation disponibles en route.

160 kits solaires pour les écoliers de Côte d'Ivoire

Le volet solidaire du projet cible deux écoles du nord de la Côte d'Ivoire, dans les régions de la Bagoué et de Ouoroudougou : une soixantaine d'élèves à Flatiervogo et une centaine à Canis, soit 160 kits à distribuer. Chaque kit comprend un sac à dos fabriqué par Ecoplast Innov à Abidjan et une lampe solaire détachable produite par Lagazel à Ouagadougou. Coût unitaire : 38 euros (25 000 francs CFA).

Le constat qui motive cette action : en Afrique, une personne sur deux n'a pas accès à l'électricité. La pénétration mobile atteint 90 %, mais recharger un téléphone peut exiger 50 à 100 kilomètres de trajet. Le soir, sans lumière, les écoliers ne peuvent ni étudier ni aider aux tâches ménagères après le coucher du soleil.

L'humanitaire à hauteur d'homme : des partenaires locaux, zéro importation

Raphaël a d'abord travaillé avec SolarPak, une entreprise ivoirienne fabriquant des sacs solaires en Chine. Il s'en est écarté pour privilégier une production 100 % locale. En rapprochant Ecoplast Innov (sacs, Abidjan) et Lagazel (lampes solaires, Ouagadougou), il a constitué une chaîne d'approvisionnement africaine, avec un impact carbone réduit et un bénéfice économique direct pour les producteurs locaux.

« L'humanitaire, s'il est réalisé d'une manière personnelle, que tu t'es donné les moyens d'aller contacter les personnes sur place, de construire un projet de A à Z, ça peut sensibiliser d'autres personnes. N'importe qui peut le faire. »

Le dialogue quotidien avec les directeurs d'écoles et les responsables régionaux permet d'adapter la distribution aux besoins réels. Raphaël prévoit de rester deux à trois semaines en Côte d'Ivoire pour organiser la logistique et participer lui-même à la remise des kits.

Financer le projet : ESSEC, collectivités et sponsors techniques

Le budget personnel est couvert à 50 % par des soutiens institutionnels : 3 000 euros de l'ESSEC, 1 000 euros de la mairie de Clamart et 800 euros du département des Hauts-de-Seine. Les partenaires techniques complètent l'équipement : Chevalbleu fournit des pneus increvables, APOG des sacoches, Energimobile les panneaux solaires et H2R Equipements le matériel de camping.

« Les panneaux solaires, c'est quand même un coût. J'ai eu la chance de pouvoir être sponsorisé par Energimobile qui me finance tout ça. »

Pour les 160 kits solidaires, une cagnotte en ligne a permis de collecter 2 000 euros sur les 3 000 nécessaires à la production de l'ensemble des sacs et lampes.

Questions fréquentes

Un vélo solaire utilise des panneaux photovoltaïques montés sur une remorque ou au-dessus du cycliste pour alimenter un moteur électrique via des batteries. La puissance dépend du nombre de panneaux et de l'ensoleillement : deux panneaux de 250 watts peuvent générer jusqu'à 1 200 watts par jour en Afrique, offrant une autonomie quasi complète avec des batteries de 1 300 watts.

Avec une assistance solaire, une moyenne de 100 km par jour est réalisable sur un voyage longue distance. Certains jours peuvent atteindre 200 à 300 km selon le terrain, l'ensoleillement et les pauses prévues. L'assistance électrique alimentée par le soleil réduit considérablement l'effort physique par rapport à un vélo classique.

La préparation passe par le choix d'un itinéraire sûr (consulter les zones classées par le ministère des Affaires étrangères), l'obtention des visas pays par pays, les vaccins requis et le matériel de bivouac. Les groupes WhatsApp de cyclistes traversant l'Afrique (plus de 500 membres sur certains groupes) sont une source précieuse d'informations en temps réel sur les frontières, les risques et les ateliers de réparation.

Le budget dépend fortement de l'équipement et du mode d'hébergement. Pour L'Échappée Solaire, les soutiens institutionnels (ESSEC, mairie, département) couvraient 50 % du budget personnel, soit environ 4 800 euros de subventions. Les partenariats techniques avec des équipementiers réduisent les coûts de matériel. Le bivouac et l'hébergement chez l'habitant limitent les frais quotidiens.

Privilégier des partenaires qui produisent localement plutôt que d'importer. Pour L'Échappée Solaire, le rapprochement entre un fabricant de sacs à Abidjan et un producteur de lampes solaires à Ouagadougou a permis de créer des kits à 38 euros pièce. Le dialogue direct avec les écoles et responsables régionaux garantit que l'aide répond à un besoin réel.

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