L'épisode en détail
Vélook : le guide du vélo d'occasion depuis 2014
Trouver un vélo d'occasion adapté à ses besoins n'a rien d'évident quand on n'y connaît rien. C'est le problème que Lery Jicquel a voulu résoudre en créant Vélook (velook.fr) en 2014. Le site rassemble un inventaire des plateformes de vélos d'occasion en ligne, un agenda des bourses au vélo en France, un quiz pour identifier le type de vélo adapté à son trajet, et des interviews d'entrepreneurs du secteur. Lery a commencé étudiant, en achetant des vélos à la campagne autour de Lyon pour les revendre à ses camarades de fac. Le site attire entre 150 000 et 300 000 visiteurs par an selon la saison.
« Le marché du vélo d'occasion, c'est le meilleur marché du monde. C'est là qu'il y a le plus grand choix et les prix les plus accessibles. »
Le Concentré Vélo : une newsletter pour la culture cyclable
En parallèle de Vélook, Lery a lancé Le Concentré Vélo, une newsletter hebdomadaire envoyée chaque jeudi. Le principe : une revue de presse de 10 articles sélectionnés parmi une centaine repérés dans la semaine. La promesse éditoriale est claire : jamais de Tour de France, jamais de cyclisme sportif. Le Concentré Vélo traite du vélo urbain, du vélotaf, des politiques cyclables, de l'économie du cycle et des mobilités douces. La newsletter a rapidement attiré l'attention d'un incubateur qui a accompagné Lery dans le développement du média.
« On ne parlera jamais du Tour de France dans cette newsletter. C'est tout le reste, tout ce qui existe autour du vélo. »
Vélotaf à New York : pistes cyclables et culture deux-roues
Installé à New York depuis fin 2022, Lery observe les différences avec Paris et Lyon. Manhattan et Brooklyn sont bordés de pistes cyclables autonomes sur les quais, séparées des voitures et des piétons. Dans les rues intérieures, le plan en grille permet de trouver facilement des itinéraires cyclables parallèles aux grands boulevards. Les automobilistes new-yorkais respectent globalement les cyclistes. La mairie offre des casques aux habitants plutôt que de multiplier les injonctions. Seul point noir : les vélos électriques dépassent les 30 km/h sans obligation de pédaler, ce qui crée des situations dangereuses sur les pistes.
« New York, c'est la ville probablement la plus européenne des États-Unis. Il y a des pistes cyclables partout. »
L'Observatoire des cyclistes accidentés : documenter les drames
Lery a aussi créé l'Observatoire des cyclistes accidentés de la route, une base de données qui référence les accidents rapportés par les médias. Une communauté de bénévoles alimente la base. Les constats sont récurrents : les accidents touchent majoritairement des hommes âgés en milieu rural sur des pratiques sportives. Les articles de presse restent mal rédigés, attribuant l'accident à la voiture plutôt qu'à l'automobiliste. Les peines de prison restent faibles. L'observatoire constitue un outil de plaidoyer concret pour améliorer la sécurité des cyclistes.
« Une voiture a écrasé un cycliste : non, c'est un automobiliste qui a écrasé un cycliste. »
Pourquoi les élus locaux freinent le vélo
Lery identifie deux freins principaux au développement du vélotaf en France. Le premier : la procrastination des élus locaux, qui votent des plans vélo ambitieux mais n'osent pas laisser leurs propres enfants aller au collège à vélo. Le second : les études préalables interminables qui retardent l'action. La crise du Covid a démontré qu'on pouvait créer des coronapistes en quelques semaines. La hausse du prix de l'essence a rendu obsolètes les plans vélo rédigés avant 2020. Lery plaide pour une approche pragmatique : tester petit, accepter de se tromper, déployer ensuite.
« Se dire qu'il faut tout savoir avant de lancer quoi que ce soit, c'est la plus grosse erreur que font les acteurs publics ou privés. »
Le vélotaf au quotidien : outils et astuces pratiques
Pour ses déplacements, Lery utilise Google Maps et Géovélo pour planifier ses itinéraires. Il transporte son ordinateur dans une sacoche Sac à doche, un modèle hybride qui se transforme en sac à dos. Son astuce la plus originale : une alarme sonore à 120 décibels, fixée sous la selle, activée par télécommande. Le dispositif coûte une dizaine d'euros et sécurise non seulement son vélo mais aussi tous ceux garés à proximité. Selon Lery, c'est plus dissuasif que n'importe quel antivol : un voleur signalé par une sirène n'a pas le temps de forcer un cadenas. Son vélo électrique, garé dehors à Vincennes, n'a jamais été volé.





